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Leçons tirées de l’histoire
CMJ Collection
Des soldats de la Brigade des Gurkhas en exercice sur une plantation de caoutchouc en Malaisie. Ceci est un territoire qui est familier à ces troupes indigènes qui ont œuvré avec les Britanniques dans cette région pendant plus de 20 ans.
Leçons historiques apprises des Britanniques et des Allemands : L’intégration des forces locales comme multiplicateur logique des forces
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Introduction
Le but du présent article est de montrer à l’aide d’exemples comment l’emploi de forces indigènes qui ont été intégrées au sein des armées britannique et allemande dans les opérations anti-insurrectionnelles a considérablement amélioré la qualité et la quantité des renseignements recueillis dans le territoire visé. Les armées ont ainsi développé leurs capacités de pacification et mis à profit un bassin de main-d’œuvre qui autrement n’aurait pas été exploité afin de fournir des ressources pour mener des opérations avec un minimum de forces. L’expérience historique des Britanniques et des Allemands démontre que l’utilisation des forces locales intégrées à même les structures de leurs forces a donné de meilleurs résultats en ce qui concerne les renseignements et les opérations que le recours aux forces placées sous le seul commandement des autorités locales utilisant les services de conseillers militaires. Cette expérience historique avec l’utilisation des forces locales pour augmenter les capacités de renseignements et la main-d’œuvre offre aux militaires de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) un champ où glaner des idées à utiliser dans leurs tâches de pacification en Iraq, en Afghanistan et dans de futurs champs de bataille.1
L’expérience britannique
La guerre globale au terrorisme est une campagne anti-insurrectionnelle menée à l’échelle mondiale et une guerre utilisant de manière intensive les renseignements et les opérations spéciales. Elle implique une augmentation des besoins en effectif afin d’assurer la sécurité des populations menacées par les activités des insurgés. Comme il est écrit dans l’ébauche du U.S. Army Field Manual intitulé Counterinsurgency :
« Sans renseignements valables, une contre-insurrection est comme un boxeur aveugle, qui porte des coups inutilement à un adversaire invisible et qui peut causer des dommages involontaires. De bons renseignements utilisés dans une campagne anti-insurrectionnelle sont comparables au chirurgien qui enlève la tumeur cancéreuse tout en préservant intacts tous les organes vitaux du patient. Les opérations efficaces sont influencées par des renseignements qui sont considérés comme utiles. Ceux-ci sont recueillis et analysés au niveau le plus bas possible, puis disséminés et distribués à l’ensemble des forces ».2
L’utilisation par les Britanniques et de nombreux pays du Commonwealth des forces indigènes intégrées, en particulier des formations composées d’insurgés capturés ou d’irréguliers issus des tribus dirigées par un cadre de la contre-insurrection, a permis d’étendre l’architecture du renseignement de ces pays et, par la même occasion, la base de leur main-d’œuvre. Cette approche mérite d’être examinée pour juger de sa pertinence aujourd’hui.
Les Britanniques ont employé efficacement des forces locales durant les opérations anti-insurrectionnelles avant et pendant le XXe siècle. Ils ont généralement mieux documenté les principes et les expériences ayant trait aux petites guerres que les États-Unis et d’autres pays, pour s’en servir dans des conflits ultérieurs.3 L’expérience des Britanniques quant à l’utilisation de troupes indigènes dans des campagnes anti-insurrectionnelles remonte au moins au XVIIIe siècle, lorsqu’ils ont employé les tribus indiennes durant la guerre contre la France aux Indes, et plus tard lors de la guerre pour l’indépendance américaine. L’armée britannique et leurs consorts du Commonwealth se sont souvenus de cet héritage pendant tout le XIXe siècle et la période après la Seconde Guerre mondiale. Le Royaume-Uni de l’après-guerre a recruté de nombreux soldats indigènes et des irréguliers issus des tribus, qui ont été placés sous le commandement d’un cadre britannique, afin d’augmenter ses forces régulières engagées dans d’innombrables campagnes anti-insurrectionnelles.
L’utilisation d’insurgés vire-capot (ayant choisi de faire défection) est peut-être à elle seule devenue une importante caractéristique de la pratique britannique dans ses opérations de stabilisation. Les groupes d’anciens insurgés, connus sous le nom de pseudo gangs, ont donné des renseignements essentiels non seulement sur les populations locales, le territoire, la culture et la langue, mais également sur la mentalité des insurgés. Ils avaient compris l’organisation des insurgés et pouvaient exploiter leur psychologie et leurs tactiques. Cette source de renseignements est une composante importante dans la structure générale des organisations qui effectuent de la recherche proactive.
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Des Gurkhas débarquant d’un avion britannique dans une clairière au milieu de la jungle.
La Malaisie et les hommes des tribus locales
À la suite de la Seconde Guerre mondiale, le Royaume-Uni a tenté de reprendre le contrôle d’un certain nombre de ses possessions coloniales. En Malaisie, le pouvoir politique local avait changé de main et défiait le régime colonial britannique. Au début des années 1950, les communistes malais ont mené une campagne de déstabilisation terroriste à partir de bases situées dans la jungle. Pendant la période connue sous le nom d’état d’urgence en Malaisie, les soldats européens n’étaient au début pas très habiles dans la jungle. Afin de surmonter ce handicap, les Britanniques ont fait appel à un certain nombre d’hommes des tribus Dayak issues du nord de l’île de Bornéo et du Sarawak, territoires proches de la Malaisie, pour les employer comme éclaireurs et dépisteurs. Ces hommes étaient des chasseurs de têtes et pouvaient repérer les indices laissés sur les pistes, tels que des brindilles courbées et des feuilles déplacées. Ces signes étaient dénués de sens pour les Européens. D’autres tribus de la jungle ont aussi été très exploitées par les communistes durant l’occupation japonaise et les premières phases de l’état d’urgence, et elles sont devenues des alliés volontaires lorsqu’elles ont été approchées par le gouvernement britannique. Les forts construits dans la jungle et les courtes pistes d’atterrissage ont facilité le soutien logistique. Ces forces irrégulières ont joué un rôle très important pour les forces gouvernementales dans l’évitement de guets-apens, le combat contre les insurgés et la destruction de ces derniers. De plus, leurs habiletés dans le combat rapproché étaient remarquables. Par exemple, la tribu Senoi Pr’ak ne comptant pas plus de trois cents hommes, dont beaucoup n’étaient armés que de traditionnels porte-vent, a réussi à tuer plus d’insurgés au cours des deux dernières années de l’état d’urgence que toutes les autres forces de sécurité combinées.4
Les meilleurs guides, toutefois, étaient les anciens guérilleros qui menaient souvent les patrouilles jusque dans les camps dont ils connaissaient l’emplacement dans la jungle. À l’exception de quelques communistes « purs et durs » que le gouvernement a exécutés, bannis ou emprisonnés, les guérilleros qui se sont rendus ont été réhabilités dans des centres d’entraînement spéciaux. La majorité de ces hommes, connus sous le nom personnel ennemi qui s’est rendu ou personnel ennemi capturé, ont participé au mouvement communiste par un concours des circonstances plutôt que par conviction politique. Plusieurs de ces hommes ont joint les forces volontaires des opérations spéciales du gouvernement en échange d’un salaire équivalant à celui d’un policier débutant. Ils participaient à des patrouilles contre leurs anciens camarades dans la jungle. Après une période de dix-huit mois de service, on leur permettait généralement sans conditions de retourner à la vie civile. Ces hommes ont été d’une utilité inestimable pour le gouvernement, tant comme informateurs que comme agents de la guerre psychologique. Cet emploi des insurgés capturés puis rééduqués a fait suite aux expériences qui ont inspiré les Britanniques pendant la révolte Mau Mau au Kenya, qui a duré de 1952 à 1960. Les insurgés capturés y ont été employés intensivement comme « gangs adverses ». Il s’agissait initialement de groupes formés de Noirs qui étaient loyaux aux Britanniques, dirigés par des officiers ou sous-officiers blancs, qui se rendaient dans la forêt en se faisant passer pour des membres Mau Mau pour ainsi prendre contact avec de véritables gangs afin de les éliminer. Plusieurs rebelles qui se sont rendus ont collaboré de leur plein gré et ont été intégrés dans les opérations de contre-insurrection. Cette intégration dans les unités britanniques a permis de collecter davantage d’information sur les insurgés, ce qui a accéléré leur anéantissement. Toutefois, ce modèle a atteint son apogée, non pas en Malaisie, mais pendant la campagne anti-insurrectionnelle en Rhodésie, laquelle est décrite ci-dessous.5
Le besoin d’effectif en Malaisie était dû en grande partie au plan Briggs, qui proposait une approche systématique visant à assurer simultanément la sécurité des populations rurales tout en coupant les sources d’approvisionnement, d’alimentation et de recrutement aux terroristes. Afin de mettre en place ce plan, les Britanniques devaient compter en grande partie sur les forces locales pour soutenir leurs efforts anti-insurrectionnels. Les forces britanniques en Malaisie comptaient trois importants groupes qu’elles ont déployés pendant le conflit : des bataillons de l’armée régulière britannique en rotation, des bataillons et de plus petites unités du Commonwealth britannique (y compris les unités malaises) et une grande force de huit bataillons d’infanterie des Gurkhas déployés pour la durée du conflit.6 Ces dernières unités sont plus pertinentes comme exemples de forces indigènes intégrées. Les bataillons de Gurkhas ont été recrutés parmi un certain nombre de groupes de tribus féroces du Népal, et étaient aux ordres des officiers gurkhas et britanniques. Ils ont été des soldats complètement intégrés dans la structure de commandement britannique et ont servi pendant une longue période. Ces formations militaires ont contribué d’une manière essentielle à combler les besoins de base en effectif lors de la campagne anti-insurrectionnelle en Malaisie.
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Des guérilleros de la ZANU en Rhodésie portant une variété d’armes de fabrication soviétique.
La Rhodésie et les éclaireurs Selous
L’insurrection dans l’ancienne colonie britannique de la Rhodésie a débuté dans les années 1960, apparemment à un faible niveau. Mais à compter de 1973, la situation de la guerre a changé. Très vite, les activités des insurgés se sont intensifiées à un point tel que toutes les forces de sécurité ont dû intervenir. En fin de compte, malgré l’opposition des Britanniques sur le plan politique et naval, le gouvernement minoritaire blanc de Salisbury a dû se défendre contre une attaque de deux importants groupes d’insurgés : la Zimbabwe African People’s Union (ZAPU) et son aile militaire, la Zimbabwe People’s Revolutionary Army (ZIPRA) ainsi que la Zimbabwe African National Union (ZANU) et son aile militaire, la Zimbabwe National Liberation Army (ZANLA). Les deux unités étaient formées en grande majorité d’hommes issus des tribus, et leurs composantes armées respectives utilisaient des stratégies très différentes. La ZIPRA se concentrait sur des opérations traditionnelles de style soviétique, alors que la ZANLA s’appuyait sur une stratégie rurale maoïste. Ces groupes ne collaboraient pas. En fait, il y avait des heurts entre eux.7
L’armée rhodésienne a d’abord été capable de circonscrire la guerre près de sa frontière septentrionale avec la Zambie. Toutefois, lorsqu’il est devenu évident que les Portugais ne pouvaient plus combattre les campagnes anticolonialistes au Mozambique (le Mozambique ayant obtenu son indépendance du Portugal en 1975) à l’est et au nord, les terroristes rhodésiens ont obtenu le soutien de cette colonie et y ont trouvé asile. L’expansion de ce territoire, l’augmentation du nombre d’insurgés et l’amélioration de leur entraînement ont contribué aux nombreux succès des guérilléros au cours de l’année 1973. Les combats ont pourtant fait très peu de victimes chez les Blancs. Les victimes furent surtout des Noirs qui travaillaient à des fermes appartenant à des Européens. En fait, il n’y a guère de preuves indiquant que la majorité de la population noire rhodésienne a appuyé la cause nationaliste, pas plus qu’elle n’a soutenu avec enthousiasme le gouvernement blanc minoritaire. Les mauvais traitements infligés aux Noirs issus des tribus par des insurgés peuvent avoir contribué à les rendre plus sympathiques au gouvernement minoritaire blanc. Par contre, la confiance que les gens avaient dans les capacités du gouvernement de les protéger a été minée.
De 1973 à 1975, les deux côtés ont commencé à apprendre à mener une guerre non traditionnelle. Les guérilleros ont fait preuve de la discipline nécessaire pour faire une campagne efficace pour «les cœurs et les esprits » de la population. Les forces de sécurité rhodésiennes, par contre, ont élaboré des méthodes anti-insurrectionnelles qui ont réussi à tout le moins sur le plan tactique. Des années plus tard, ces méthodes ont été étudiées à l’étranger.8 Parce qu’elles n’étaient pas plus nombreuses que les insurgés, les forces de sécurité rhodésiennes devaient compter sur des opérations menées par de petites unités employant des tactiques et des techniques innovatrices ainsi que sur des opérations spéciales. L’armée rhodésienne a finalement adopté le concept des « pseudo-forces » pour surmonter la résistance initiale que manifestait la bureaucratie militaire. L’armée avait besoin de troupes qui pouvaient se présenter comme des insurgés au sein de la population locale et même tromper l’ennemi. Ces pseudo gangs avaient pour tâche de recueillir des renseignements, de localiser les groupes d’insurgés et, quand le temps était propice, d’éliminer leurs dirigeants. Ils pouvaient aussi simplement semer la zizanie entre les nationalistes en les dressant les uns contre les autres.
C’est ainsi que les éclaireurs Selous ont été créés (on doit prononcer « Sel-ou » en mémoire de Frederick Courtney Selous, le plus grand chasseur de gros gibier de Rhodésie),9 soit une unité composée surtout de Noirs, qui ont mené une guerre clandestine très réussie en prétendant être des guérilléros et en se battant comme s’ils l’étaient. Ils ont rapidement abandonné la collecte de renseignements tactiques pour se consacrer aux attaques directes contre les insurgés et leurs chefs, sans respecter les frontières internationales. Leurs techniques de pistage, de survie, de reconnaissance et leur méthode anti-insurrectionnelle ont fait d’eux une des unités les plus craintes et méprisées (par les terroristes) de l’armée rhodésienne.10
Comme l’avaient fait les Britanniques en Malaisie et au Kenya, les éclaireurs ont « tourné » les insurgés qui avaient été capturés pour les utiliser contre leurs anciens camarades, et ils l’ont fait avec habileté et assurance. Les guérilleros capturés lors d’un engagement étaient invités à passer dans leur camp en échange de bons traitements. Un ancien insurgé informait alors le captif de ses choix : la mort par pendaison ou une chance de se racheter en servant le gouvernement. Ceux qui choisissaient la dernière option devaient convaincre leurs camarades de leur bonne foi.11
Les éclaireurs Selous déployaient généralement une équipe de quatre à dix hommes dans une région opérationnelle où toutes les autres forces alliées avaient été retirées. Ces hommes prétendaient être des guérilleros, et ce jusque dans les plus petits détails caractérisant les insurgés, portant leur uniforme et des armes des communistes, mais à cette différence cruciale près qu’ils étaient beaucoup mieux entraînés et plus disciplinés. La population locale, croyant que les Selous étaient des insurgés, les informait au sujet des véritables insurgés dans la région. Après avoir localisé des insurgés, les éclaireurs Selous commençaient à les filer sans se faire prendre jusqu’à ce qu’ils décident de communiquer avec eux. De cette façon, les éclaireurs Selous ont porté la guerre directement aux guérilleros, permettant ainsi à l’administration civile et policière de se rendre jusque dans les zones qui étaient auparavant tombées entre les mains de l’ennemi.12
Même si la cause politique qu’elles défendaient a finalement échoué lorsque la Rhodésie a obtenu son indépendance en 1980 (un état à majorité noire qui a pris le nom de Zimbabwe), les forces de sécurité rhodésiennes ont su conserver leur solide réputation professionnelle. Toutefois, même dans ce service, les éclaireurs Selous ont été extraordinaires. Pendant la guerre, on leur attribue la responsabilité de l’élimination de 68 p. 100 des insurgés tués dans les limites de la Rhodésie. Leur exemple vise une composante essentielle d’une campagne anti-insurrectionnelle efficace par l’utilisation des forces locales qui connaissaient le territoire, la culture, et l’ennemi afin de combattre les guérilleros à partir de leur propre paradigme. Les éclaireurs Selous étaient simplement meilleurs à la guérilla que les guérilleros eux-mêmes.13 L’atout exceptionnel ayant trait au renseignement incarné par les insurgés qui se sont « rendus » et qui ont été intégrés dans la structure régulière des forces de l’armée rhodésienne explique le succès de leurs opérations.
L’expérience allemande
L’expérience allemande pendant la Seconde Guerre mondiale dans les territoires occupés illustre à quel point les ressources immenses que les Allemands ont dû consacrer pour que les forces anti-insurrectionnelles et anti-partisanes puissent assurer la sécurité sont sans commune mesure avec celles de leurs opposants. Pour réussir, une campagne anti-insurrectionnelle requiert souvent une proportion élevée de forces. C’est un facteur important qui explique pourquoi une guerre qui se prolonge est difficile à soutenir pour les contre-insurgés. L’ampleur et la complexité d’une campagne anti-insurrectionnelle ne doivent jamais être sous-estimées14. Même en comptant sur ses alliés, l’armée allemande de la Seconde Guerre mondiale a fait face à de sévères contraintes en matière d’effectif, en Europe et en Afrique du Nord après l’invasion de l’Union Soviétique (URSS), soit l’opération Barbarossa qui a été lancée à l’été 1941. En plus de combattre une guerre traditionnelle contre les alliés sur tous les théâtres des opérations, l’armée allemande a dû s’engager dans une guerre irrégulière contre les partisans et les guérilleros sur le front Est, et dans une grande partie de l’Europe du Sud-est, particulièrement en Yougoslavie. Les unités allemandes portant souvent le poids de l’effort anti-guérilla ont dû faire face à de nombreuses difficultés dont le manque de personnel.15 On ne sait pas exactement quand et où les premières unités de volontaires de l’URSS et des pays annexés par l’Union soviétique après 1939 ont été organisées pour lutter contre les Soviétiques dans le camp des Allemands. Toutefois, environ un million de volontaires étrangers ont finalement servi dans l’armée allemande. Les Allemands disposaient de deux catégories de troupes locales, qui sont traitées dans le présent article sous les rubriques Ostbataillonen (Bataillons de l’Est) et Ostlegionen (Légions de l’Est).
Ostbataillonen (Bataillons de l’Est)
Le nom par lequel fut désigné l’ensemble des troupes déployées sur le front de l’Est est Osttruppen (Troupes de l’Est), ensemble qui comprend tous les volontaires intégrés dans les unités des Forces allemandes. Ceux-ci étaient vêtus de l’uniforme allemand. Ils étaient chargés de surveiller les lignes de communication et de combattre les partisans soviétiques derrière l’armée allemande, et, quelquefois, d’occuper des secteurs moins prioritaires sur le front. Ils étaient habituellement groupés en bataillons appelés Ostbataillonen, et dépassaient rarement la taille d’un bataillon. Ces Ostbataillonen étaient affectés et intégrés aux divisions et aux régiments allemands. Les premières unités ont d’abord été organisées sous forme d’entreprise privée par les commandants d’unité allemands pour défier les ordres officiels. La majorité d’entre eux avaient été recrutés parmi des personnes de nationalité non russe : des Baltes, des Ukrainiens, des Caucasiens et des Cosaques. Ces arrangements sont devenus rapidement plus formels, et en novembre 1941, le Centre du groupe de l’armée a organisé les six premiers bataillons pour opérer dans sa zone arrière.16 Le 15 décembre 1942, l’Inspectorat des Troupes de l’Est a été créé pour superviser la prolifération des unités locales. Chaque unité était sous l’autorité d’une unité allemande, située sur le front ou à l’arrière. En Russie, chaque quartier général d’une armée ou d’un groupe de l’armée allemande comprenait du personnel des services centraux pour les Troupes de l’Est.17
À l’automne 1943, les opposants aux Ostbataillonen ont essayé d’obtenir leur dissolution, mais l’Inspectorat des Troupes de l’Est a réussi à démontrer qu’ils étaient au moins 427 000 volontaires en provenance de l’Est, l’équivalant de 30 divisions allemandes, constituaient une force qu’aucune personne saine d’esprit ne disperserait et qui permettait à la Wehrmacht de combler ses besoins en effectif. Pour des considérations politiques, ces volontaires ont été assignés à des fonctions de sécurité et envoyés dans les pays occupés de l’Ouest et du Sud de l’Europe.18
En raison de données manquantes, il est difficile de déterminer à quel point les Ostbataillonen ont réussi à combler le manque d’effectif dans le camp allemand. Cependant, que ces bataillons aient enlevé la pression sur les unités principales de la Wehrmacht et rempli efficacement les tâches de sécurité sont des faits incontestés. En tenant compte d’une liste probablement incomplète dressée en juin 1943, il y avait déjà 68 bataillons, un régiment et 122 compagnies qui étaient au service de l’Allemagne à cette date. Une liste américaine datant de 1945 évalue à 180 le nombre d’Ostbataillonen en service dans les rangs allemands.19 Peu importe leur nombre exact, il reste que ces unités de forces locales intégrées ont augmenté la capacité de l’armée allemande de mener des opérations de pacification et anti-partisanes.
Ostlegionen (Légions de l’Est)
L’étape suivante dans le développement de l’utilisation de troupes des forces indigènes par l’armée allemande a été la création des Ostlegionen. À la fin de 1941, un ordre créait plusieurs de ces formations. Les premiers volontaires à devenir membres réguliers de l’armée allemande étaient issus des peuples asiatiques et caucasiens de l’URSS. Ils voyaient les Allemands comme des libérateurs de leur territoire national. Le 30 décembre 1941, le Commandement suprême a ordonné la formation de plusieurs légions de volontaires issus de ces nationalités. L’armée a donc formé ces unités pendant la première partie de 1942.20 Cette note de service très secrète ordonnait au Commandement suprême de créer en premier lieu la Légion du Turkestan qui comptait des volontaires du Turkménistan, de l’Ouzbékistan, du Kazakhstan, du Kirghizstan, de Karakalpakie et du Tadjikistan. Le Commandement devait ensuite créer la Légion musulmane du Caucase en utilisant des volontaires de l’Azerbaïdjan, du Daguestan, d’Ingouchie, de Tchétchénie et des communautés lezguiennes. La troisième légion à être mise sur pied a été la Légion géorgienne et la quatrième, la Légion arménienne.21 Les Ostlegionen ont obtenu un statut identique à celui des légions de volontaires européens. Le nombre total de volontaires qui ont servi dans les Ostlegionen a dû être d’environ 175 000 personnes.22 Selon les témoignages de chefs du Caucase, le nombre de volontaires en provenance de ce pays seulement et ayant combattu avec les Allemands était de 102 300 hommes.23
Contrairement aux formations non officielles, les Légions de l’Est avaient, dès le début, des comités nationaux. Il faut comprendre qu’une « légion » n’était pas une formation tactique. C’était plutôt un centre d’entraînement où les unités nationales, pour la plupart des bataillons, étaient organisées et entraînées.24 La plupart de ces légions étaient utilisées dans des opérations anti-partisanes en Russie et, plus tard, en Yougoslavie.
En plus de la guerre partisane qui a été menée sur le front Est et dans les Balkans de 1941 à 1944, les forces d’occupation allemandes étaient engagées dans une très longue tentative de destruction d’une guérilla ennemie difficile à atteindre.25 Étant donné les contraintes de main-d’œuvre imposées par le front Est, l’armée allemande a combiné des troupes provenant des forces indigènes des régimes fantoches, des unités étrangères des Waffen SS et diverses unités de forces indigènes intégrées (le degré de succès était différent). L’armée a utilisé ces troupes pour pacifier ce théâtre de guerre d’une importance secondaire. Les Ostlegionen ont été déployées comme partie des unités indigènes intégrées.
Une des formations anti-insurrectionnelles qui s’est le plus distinguée sur le théâtre des opérations dans les Balkans a été la Légion du Turkestan. Cette dernière a été formée au printemps 1942 et faisait partie de la 162e division d’infanterie allemande, connue sous le nom de Division d’infanterie du Turkestan. C’était la plus grande formation des Ostlegionen, et elle a vu beaucoup d’action en Yougoslavie et en Italie.26 Elle était composée d’hommes venant de l’Allemagne, du Turkménistan et de l’Azerbaïdjan, et selon leur commandant, elle était aussi efficace qu’une division régulière allemande.27
Les avantages communs découlant des arrangements avec les Ostbataillonen et les Ostlegionen sont évidents. Des officiers allemands comprenant des sous-officiers et des spécialistes commandaient les Légions de l’Est. Cette démarche d’intégration a renforcé les qualités de combat de cette unité, et a augmenté le niveau de professionnalisme militaire dans les rangs des forces indigènes. Les volontaires de l’Est ont fourni un effectif qui ne pouvait provenir de sources nationales allemandes. Les formations coûtaient moins cher à mettre sur pied et à maintenir. L’armée allemande, qui consentait un investissement minimal dans l’entraînement, l’armement et la gestion de ces unités, pouvait ainsi libérer leurs meilleures unités de combat des fonctions anti-partisanes et de sécurité afin de les utiliser dans les fonctions de combat sur les théâtres de l’Est et de l’Ouest.
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Un volontaire espagnol de la Division bleue servant avec les Allemands sur le front oriental.
Leçons à retenir
L’utilisation des forces locales intégrées par les Britanniques donne des leçons riches en enseignements sur la façon d’augmenter les services de renseignements dans une contre-insurrection. L’expérience de l’armée allemande démontre comment l’intégration de volontaires des forces locales peut être utilisée pour pallier le manque d’effectif. Les Britanniques ont innové de manière efficace en Malaisie en employant des membres de la tribu du Dayak en tant que traqueurs et éclaireurs. De façon plus frappante, de nombreux anciens guérilléros ont montré au gouvernement leur utilité comme source de renseignements, agents de la guerre psychologique et forces anti-insurrectionnelles. En Rhodésie, les forces de sécurité ont fait appel à des « pseudo-gangs » afin de rassembler des renseignements, de localiser des groupes d’insurgés et d’éliminer les chefs. Les éclaireurs Selous formés en majorité de Noirs sont devenus un instrument de la contre-insurrection particulièrement meurtrier, et ont obtenu des résultats extraordinaires. De plus, l’efficacité des équipes spécialisées (les éclaireurs Selous rhodésiens) et les opérations pour éliminer l’infrastructure et les chefs des insurgés prouvent l’éventuelle utilité de ce modèle à la frontière de l’Afghanistan et du Pakistan, et en Iraq.
Les armées compétentes de l’OTAN devraient étudier la possibilité de développer et d’utiliser des pseudo-formations en se basant sur les modèles britanniques et rhodésiens. En raison de leur nature dispersée, les opérations anti-insurrectionnelles sont d’importants moyens pour obtenir des renseignements. Un cycle se développe dans lequel les opérations fournissent des renseignements qui mènent à d’autres opérations. Les rapports tactiques préparés par les unités, les membres d’une équipe nationale et des organismes civils associés sont d’importance égale ou supérieure aux rapports qui sont soumis par des agents spécialisés dans le renseignement. Ces facteurs ainsi que le besoin de générer une cadence supérieure amènent le besoin de produire et de diffuser les renseignements au niveau pratique le plus bas possible.28 Les pseudo-unités et leurs opérations catalysent ce cycle qui s’autoalimente. Pour former ces pseudo-gangs, il existe encore des gens qui possèdent des connaissances et une expertise en Malaisie, au Kenya et en Rhodésie et à qui on pourrait confier la tâche d’expérimenter avec ce concept.
Le cas des Allemands et des Britanniques illustre comment certaines minorités ethniques ont pu être utilisées efficacement comme troupes indigènes intégrées dans une structure de force établie. L’expérience allemande en particulier est riche en enseignements. Les troupes de forces indigènes complètement intégrées qui ont été placées sous le commandement allemand dans la Wehrmacht ont généralement eu un meilleur rendement que les troupes nationales, et leur présence a permis de suppléer à l’insuffisance d’effectif. Les Britanniques ont obtenu les mêmes avantages en utilisant huit bataillons de Gurkhas intégrés en Malaisie. L’armée américaine connaît aussi ce genre de recrutement. Par exemple, elle a utilisé avec succès des membres des tribus Nung et Meo ainsi que des Montagnards en Asie du Sud-est. Toutefois, cette approche présente des dangers si l’utilisation d’ethnies ou de minorités religieuses exacerbe le conflit. Ce risque peut être réduit si on les déploie à l’extérieur de leur région natale ou même à l’extérieur de leur pays. Par exemple, les Kurdes en Afghanistan ou les Baluchî en Afghanistan, les Tadjiks et Ouzbeks ou les Hazaras en Iraq. Naturellement, le recrutement et l’emploi d’un groupe précis ne se feraient qu’après une analyse minutieuse de la culture, de la religion et de l’histoire des membres qui le composent afin d’évaluer sa compatibilité avec une armée nationale de l’OTAN et un théâtre d’opérations particulier.
La motivation des soldats des forces indigènes intégrées doit manifestement être scrutée soigneusement avant de prendre une décision quant à leur emploi. Les mesures incitatives font partie de la vie moderne.29 Elles peuvent être tangibles ou intangibles. Cet énoncé s’applique certainement aux éventuelles forces indigènes qui combattront pour n’importe quel pays et ses objectifs de sécurité nationale. Hormis les raisons nationales, religieuses ou politiques, de telles forces indigènes peuvent être recrutées et motivées en faisant appel à un ensemble d’avantages soigneusement agencés pouvant même inclure une pension d’un pays occidental ou la chance d’obtenir un permis d’immigration après avoir rendu des services satisfaisants pendant un certain nombre d’années. Ces idées ne sont pas farfelues ni nébuleuses. Les Gurkhas népalais reçoivent une pension qui leur permet de mener une vie confortable dans leur pays d’origine après avoir terminé leur service dans l’armée britannique. De la même façon, des étrangers qui ont complété cinq années de service satisfaisant dans la Légion étrangère française reçoivent leur citoyenneté française. Les terroristes repentis parmi les éclaireurs Selous ont reçu un pardon pour leurs crimes, et bénéficient de soins médicaux, de la sécurité pour leur famille ainsi que d’une paye régulière de l’armée. Les volontaires de l’Est de l’armée allemande se sont fait offrir une récompense alléchante, soit l’autonomie nationale.
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Des Cosaques se sont portés volontaires pour servir avec les Allemands.
Conclusion
Parmi les alliés de l’OTAN, les États-Unis en particulier ont eu tendance à croire que des troupes d’autres nations remplaceraient rapidement les forces américaines après les opérations initiales d’une intervention armée. Si ces attentes ne se réalisent pas, les forces militaires américaines pourraient faire face à un engagement coûteux et très long. Pour être en mesure de maintenir une capacité opérationnelle stable durant une certaine période de temps, les États-Unis doivent être en mesure de faire appel à d’autres forces.30 Comme l’illustrent très bien les opérations qui se déroulent en Afghanistan, l’augmentation des troupes se fait souvent attendre. Une recherche menée par James Quinlivan, de la Rand Corporation, et John J. McGrath, du Combat Studies Institute, sur la densité des troupes dans des opérations d’urgence confirme le principe selon lequel, en se fondant sur différents facteurs variables, certains niveaux de troupes sont nécessaires dans une région d’opérations donnée pour maintenir la sécurité et assurer la pacification.31 Afin d’atteindre le nombre suffisant de troupes dans une région géographique particulière, on pourrait recruter et intégrer des soldats indigènes provenant de différentes tribus dans les armées compétentes de l’OTAN. Les exemples historiques des Britanniques et des Allemands dans l’intégration de formations indigènes démontrent des avantages du point de vue de la collecte de renseignements et de l’augmentation de l’effectif. Cette expérience pourrait faire l’objet d’une étude plus poussée.
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Kevin D. Stringer a servi à titre d’officier au sein de l’armée américaine tant dans l’armée active que dans la réserve. Il est diplômé de l’Académie militaire de l’armée américaine ainsi que du US Army Command and General Staff College. Il a ensuite obtenu un doctorat de l’Université de Zurich en science politique et en sécurité internationale.
Notes
- Le terme « indigène » tel qu’utilisé dans le texte fait référence aux troupes provenant des populations originaires d’une région. Lorsqu’une région est multiethnique ou multitribale, elle comprend tous ceux qui peuvent servir en tant qu’auxiliaires formés pour les forces du gouvernement, pour soutenir les alliés ou les forces d’occupation.
- Department of the Army, Field Manual (FM) 3-24/ FMFM 3-24, Counterinsurgency (Ébauche finale) (Washington, D.C: Department of the Army, juin 2006), p.1-19.
- Par exemple, deux des plus importants travaux britanniques étaient : Charles C. E. Callwell, Small Wars: Their Principles and Practice (London: His Majesty’s Stationery Office, 1896), et Sir Charles W. Gwynn, Imperial Policing (London: Macmillan, 1934).
- Bert H. Cooper, Jr., « Malaya (1948-1960) », dans History of Revolutionary Warfare, Vol. 4, Ed. H; M. Hannon, R. S. Ballagh, et J. A. Cope (West Point, NY: US Military Academy, Department of History, 1984), p. 2-23; Sir Robert Thompson, « Emergency in Malaya » dans War in Peace: Conventional and Guerrilla Warfare since 1945; Sir Robert Thompson (éd.)(New York: Harmony Books, 1982), p. 89.
- Cooper, « Malaya », p. 2-28; voir aussi H. P. Willmott, « Mau Mau Terror » dans War in Peace, p.113.
- McGrath, p. 35, p. 40.
- Pour en savoir plus sur la toile de fond politique et internationale, voir Richard Mobley, « The Beira Patrol: Britain’s Broken Blockade against Rhodesia », Naval War College Review 55, No. 1 (Hiver 2002), p. 63-65.
- Lawrence E. Cline, Pseudo Operations and Counterinsurgency: Lessons from Other Countries (Carlisle, PA: Strategic Studies Institute, 2005), p.8-11.
- Voir <http://www.game-reserve.com/tanzania_ selous_gr.html> (en anglais).
- Barbara Cole, The Elite: The Story of the Rhodesian Special Air Service (Transkei, South Africa: Three Knights, 1985), p. 89-90. Voir Bruce Hoffmann, Jennifer Taw, et David Arnold, Lessons for Contemporary Counterinsurgencies: the Rhodesian Experience (Santa Monica, CA: RAND, 1991), p. 47. Selon moi, le livre à lire sur les éclaireurs Selous a été rédigé par leur fondateur et commandant, le Lieutenant Colonel R. F. Reid-Daly, Pamwe Chete: The Legend of the Selous Scouts (Weltevreden Park, Afrique du Sud : Covos-Day Books, 1999).
- R. F. Reid-Daly, Selous Scouts, Top Secret War (Galago, République d’Afrique du Sud, 1982), p. 175-81; voir aussi son Pamwe Chete, p.ii; Robin Moore, Rhodesia (New York: Condor, 1977), p. 127; James K. Bruton, Jr., « Counterinsurgency in Rhodesia » dans Military Review 59 (mars 1979), p. 26-39.
- Ibid.
- Ibid.
- Counterinsurgency (Ébauche finale) FM 3-24, p.1-2.
- Voir Major Robert Kennedy, German Antiguerrilla Operations in the Balkans (1941-1944), CMH Publication 104-18 (Carlisle, PA: Center for Military History, 1989).
- Voir, par exemple, Carlos Caballero Jurado et Kevin Lyles, Foreign Volunteers of the Wehrmacht 1941-45, Men-at-Arms Series 147 (London: Osprey, 1983), p.13; et Eastern Volunteers, <http://axis101.bizland.com/EasternVolunteers1.htm> (en anglais).
- Carlos Caballero Jurado et Kevin Lyles, Foreign Volunteers of the Wehrmacht 1941-45, p. 14.
- Ibid., p.15.
- Ibid., p.16.
- Ibid., p. 20.
- George Fischer, Soviet Opposition to Stalin: A Case Study in World War II (Boston, MA: Harvard University Press, 1952), p. 48.
- Carlos Caballero Jurado et Kevin Lyles, Foreign Volunteers of the Wehrmacht 1941-45, p.13, 20.
- George Fischer, Soviet Opposition to Stalin, 51.
- Ibid., 48-49.
- Voir Major Robert Kennedy, German Antiguerrilla Operations in the Balkans (1941-1944).
- Voir Eastern Volunteers, <http://axis101.bizland.com/ EasternVolunteers1.htm> (en anglais), consulté le 18 août 2006.
- Fischer, p. 48-49.
- Counterinsurgency (Ébauche finale), p.1-19.
- Steven D. Levitt et Stephan J. Dubner. Freakonomics (NY: William Morrow, 2005), p.13.
- Voir James T. Quinliven, « Force Requirements in Stability Operations », Parameters, Hiver 1995, p. 59-69.
- Voir aussi James T. Quinliven, « Burden of Victory », RAND Review, Vol. 27, No 2, Été 2003, p. 28-29; et John J. McGrath, Boots on the Ground: Troop Density in Contingency Operations, Global War on Terrorism Paper No. 16 (Ft. Leavenworth, KS: Combat Studies Institute Press, 2006) pour connaître leurs opinions sur les densités des troupes nécessaires pour réussir dans des environnements anti-insurrectionnels et d’urgence.


